Rôle du Guide pour le permis B : Responsabilités et obligations

Publié le 22 février 2026 à 20h22
Wenceslas Dasnois
AdministrateurPermis Online

Devenir guide pour le permis B implique des responsabilités légales et pédagogiques précises.

  • Conditions obligatoires

    Permis B valide depuis 8 ans minimum, aucune déchéance dans les 3 dernières années. En Flandre : formation de 3h obligatoire. En Wallonie : rendez-vous pédagogique avec le candidat.
  • Ton impact réel

    Tu structures l'apprentissage progressif, tu transmets ton expérience de conduite et tu prépares efficacement le candidat à l'examen pratique. Ta méthode pédagogique fait la différence.
  • Responsabilité engagée

    Tu es civilement et pénalement responsable des infractions si tu n'interviens pas. Obligation d'assurance déclarée et respect strict des restrictions du permis provisoire.

Accompagner un apprenti conducteur, c'est bien plus qu'être assis à côté de lui. Tu engages ta responsabilité civile et pénale, tu dois respecter des conditions strictes (8 ans de permis, pas de déchéance récente) et suivre des formations selon ta région. Je t'explique ici tout ce que tu dois savoir pour remplir ce rôle en toute légalité et efficacité.

Conditions pour devenir guide accompagnateur

Pour accompagner un apprenti conducteur en Belgique, tu dois remplir des critères stricts définis par la législation. Ces conditions garantissent que le guide possède l’expérience et les compétences nécessaires pour encadrer efficacement un futur conducteur.

Ancienneté minimale du permis de conduire

Le guide doit détenir un permis de conduire B en cours de validité depuis minimum 8 ans. Cette ancienneté assure une expérience solide de la conduite et une connaissance approfondie du code de la route.

Le permis doit être valide au moment de chaque sortie : un permis expiré ou suspendu disqualifie automatiquement la personne.

Cette durée de 8 ans court à partir de la date d’obtention du permis définitif, pas du permis provisoire. Si tu as obtenu ton permis B à 18 ans, tu peux devenir guide à partir de 26 ans.

Casier judiciaire et déchéances du droit de conduire

Le guide ne doit pas avoir été déchu du droit de conduire au cours des 3 dernières années précédant sa déclaration comme guide. Une déchéance pour conduite sous influence, excès de vitesse grave ou accumulation d’infractions rend la personne inéligible pendant cette période.

Cette règle vise à garantir que le guide incarne un modèle de comportement routier responsable.

Un conducteur sanctionné récemment pour des infractions graves ne peut transmettre les bonnes pratiques à un apprenti.

Limitation du nombre de guides déclarés

L’apprenti conducteur peut déclarer maximum 2 guides pour l’accompagner durant sa période d’apprentissage en filière libre (permis provisoire M36 ou M12). Ces guides doivent être officiellement déclarés auprès de la commune lors de la demande du permis provisoire.

Seuls les guides déclarés sont autorisés à prendre place comme passagers dans le véhicule pendant la conduite accompagnée.

Cette limitation permet un suivi cohérent de l’apprentissage et évite la multiplication des méthodes d’enseignement contradictoires.

Les deux guides peuvent se relayer selon leurs disponibilités, mais aucun autre passager n’est admis dans le véhicule avec les permis M36 et M12.

Différences régionales : le Vormingsmoment flamand

En Flandre, depuis le 1er mars 2024, le guide doit obligatoirement suivre une formation de 3 heures appelée « Vormingsmoment » (moment de formation). Cette formation coûte 20 euros et dure 3 heures. Le guide doit l’avoir suivie au moins 5 mois avant l’examen pratique du candidat.

Selon AIBV, le guide reçoit un « begeleidersattest » (attestation de guide) valable 10 ans. Cette formation est dispensée par une auto-école agréée ou un formateur agréé.

Cette obligation s’applique aux permis provisoires M36 et M12 délivrés à partir du 1er mars 2024.

En Wallonie et à Bruxelles, le guide n’a pas de formation obligatoire spécifique à suivre seul. Toutefois, en Wallonie, le guide doit participer au rendez-vous pédagogique de 3 heures avec le candidat (voir section suivante).

Formation préalable obligatoire en filière libre

Avant de prendre la route avec un guide, le candidat et son accompagnateur doivent suivre des formations spécifiques selon la région. Ces étapes préparatoires sont essentielles pour garantir un apprentissage sécurisé et efficace.

Le rendez-vous pédagogique en Wallonie

En Wallonie, le candidat ET le(s) guide(s) doivent obligatoirement suivre ensemble un rendez-vous pédagogique. Le coût est de 12 € par inscription (une inscription par personne). La formation est disponible en e-learning, interactive et progressive.

Selon l’AWSR (Agence Wallonne pour la Sécurité Routière), cette formation peut être dispensée par une auto-école agréée en présentiel ou via un module e-learning.

Le rendez-vous pédagogique couvre :

  • Les règles de sécurité routière spécifiques à l’apprentissage
  • Les responsabilités respectives du guide et de l’apprenti
  • Les techniques pédagogiques pour accompagner efficacement
  • Les zones de circulation recommandées pour débuter

L’attestation de suivi du rendez-vous pédagogique doit dater de minimum 3 mois avant l’examen pratique pour que le stage soit validé.

Cette formation garantit que le guide comprend son rôle éducatif et n’adopte pas simplement une posture de « copilote passif ».

Elle sensibilise également aux erreurs pédagogiques fréquentes (interventions trop tardives, critiques démotivantes, absence de débriefing).

Absence de formation préalable à Bruxelles

À Bruxelles, aucune formation préalable n’est obligatoire pour le guide ou le candidat en filière libre. Le candidat peut demander son permis provisoire M36 directement après avoir réussi l’examen théorique, sans rendez-vous pédagogique.

Toutefois, le candidat bruxellois doit avoir suivi une formation aux premiers secours organisée gratuitement par la Croix-Rouge avant de passer le Test de Perception des Risques (TPR).

Cette formation comprend une partie e-learning sur pser.brussels et une partie pratique de 3 heures en présentiel. Elle doit avoir été complétée dans les 2 ans précédant le TPR.

Cette formation premiers secours est spécifique à Bruxelles et n’existe ni en Wallonie ni en Flandre.

Conséquences du non-respect des obligations de formation

Le non-respect des obligations de formation entraîne des conséquences directes sur la validité du stage d’apprentissage :

  • En Wallonie : sans attestation de rendez-vous pédagogique datant de plus de 3 mois, le stage n’est pas comptabilisé et le candidat ne peut pas se présenter à l’examen pratique
  • En Flandre : sans begeleidersattest valide pour le guide, le permis provisoire ne peut pas être délivré ou le stage est invalidé
  • À Bruxelles : sans formation premiers secours valide, le candidat ne peut pas passer le TPR, donc pas accéder à l’examen pratique

Ces règles strictes visent à professionnaliser l’apprentissage en filière libre et à réduire les accidents impliquant des apprentis conducteurs.

Responsabilités légales pendant la conduite accompagnée

Le guide accompagnateur assume des responsabilités juridiques importantes durant toute la période d’apprentissage. Sa présence ne se limite pas à un simple rôle de surveillance : il engage sa responsabilité civile et pénale.

Un guide accompagnateur vigilant supervise un élève conducteur, illustrant la responsabilité civile et pénale engagée.
Le guide accompagnateur engage sa responsabilité juridique à chaque trajet.

Responsabilité civile et assurance du véhicule

Le guide est civilement responsable des dommages causés par le véhicule pendant la conduite accompagnée. En cas d’accident, c’est l’assurance du véhicule utilisé qui intervient en premier lieu, mais le guide peut être tenu pour responsable si une faute de surveillance ou d’instruction est démontrée.

Le contrat d’assurance du véhicule doit obligatoirement couvrir la responsabilité civile. En Belgique, tous les véhicules à moteur mis en circulation doivent être obligatoirement assurés, au minimum, en responsabilité civile.

Certains assureurs exigent une déclaration préalable de l’apprenti conducteur et peuvent appliquer une surprime. Le défaut de déclaration peut entraîner un refus de prise en charge en cas de sinistre.

Le guide doit vérifier avant chaque sortie que :

  • L’assurance RC (responsabilité civile) est à jour
  • Le véhicule dispose d’un contrôle technique valide
  • Le signe « L » réglementaire est apposé à l’arrière du véhicule
  • Le second rétroviseur obligatoire est installé

Responsabilité pénale en cas d’infraction

Le guide peut être tenu pénalement responsable des infractions commises par l’apprenti conducteur s’il est démontré qu’il n’a pas exercé son devoir de surveillance et d’instruction. Cette responsabilité s’applique notamment pour :

  • Excès de vitesse non corrigés
  • Non-respect de la signalisation que le guide aurait dû signaler
  • Manœuvres dangereuses non interrompues
  • Conduite sous influence si le guide savait que l’apprenti avait consommé de l’alcool

En cas d’infraction grave (conduite en état d’ivresse, délit de fuite), le guide peut être poursuivi pour non-assistance à personne en danger ou complicité s’il n’a pas tenté d’empêcher le comportement dangereux.

Le guide doit intervenir activement pour corriger les erreurs et prévenir les infractions, sous peine d’engager sa responsabilité personnelle.

Obligation d’intervention et devoir de correction

Le guide a un devoir d’intervention immédiate lorsque l’apprenti commet une erreur dangereuse ou une infraction. Cette obligation implique :

  • Corriger verbalement les erreurs de conduite
  • Utiliser les pédales doubles si le véhicule en est équipé (freinage d’urgence)
  • Demander l’arrêt du véhicule en cas de situation critique
  • Reprendre le volant si nécessaire pour éviter un accident

L’absence d’intervention peut être qualifiée de faute grave en cas d’accident.

Les tribunaux considèrent que le guide, fort de son expérience, doit anticiper les dangers et guider activement l’apprenti.

Cette responsabilité s’étend également au respect des restrictions du permis provisoire : le guide doit s’assurer que l’apprenti ne conduit pas pendant les horaires interdits (22h-6h les vendredis, samedis, dimanches et jours fériés) et qu’aucun passager non autorisé ne monte à bord.

Sanctions en cas de manquement aux obligations

Les manquements du guide à ses obligations peuvent entraîner :

Type de manquement Sanction possible
Absence de permis valide (8 ans) Amende + invalidation du stage
Non-respect des conditions du PCP Amende + retrait du permis provisoire
Défaut d’assurance déclarée Amende + saisie du véhicule
Complicité d’infraction grave Poursuites pénales + déchéance

Le guide qui ne remplit plus les conditions légales (déchéance du permis, expiration) doit immédiatement cesser d’accompagner l’apprenti. Continuer à le faire constitue une infraction passible d’amendes et invalide automatiquement le stage effectué.

Obligations pédagogiques et encadrement pratique

Au-delà des responsabilités légales, le guide assume un rôle pédagogique essentiel. Il doit structurer l’apprentissage, adapter sa méthode et garantir une progression cohérente vers l’autonomie du futur conducteur.

Planification progressive de l’apprentissage

Le guide doit organiser l’apprentissage selon une progression pédagogique adaptée au niveau de l’apprenti. Cette progression suit généralement ces étapes :

  1. Phase initiale (premières semaines) : zones calmes, trafic faible, manœuvres de base (démarrage, arrêt, vitesses), circuits courts et répétitifs
  2. Phase intermédiaire (1-2 mois) : circulation urbaine modérée, ronds-points, priorités, stationnements, trajets plus longs
  3. Phase avancée (3-6 mois) : autoroutes, conduite nocturne, conditions météo difficiles, situations complexes
  4. Phase de consolidation (derniers mois) : autonomie progressive, trajets variés, préparation aux conditions d’examen

Cette structuration évite de confronter trop tôt l’apprenti à des situations qu’il ne maîtrise pas encore.

Elle garantit une exposition progressive à toutes les conditions de conduite réelles.

Durée minimale de stage avant l’examen pratique

La durée minimale de stage varie selon la région et détermine le délai avant lequel l’apprenti peut se présenter à l’examen pratique :

Région Stage minimum (filière libre) Stage minimum (avec formation auto-école)
Wallonie 3 mois 3 mois
Flandre 5 mois 5 mois
Bruxelles 9 mois 3 mois

Selon le SPF Mobilité et Transports, en Flandre, la durée minimale de stage est passée de 3 à 5 mois depuis le 1er mars 2024. Cette extension vise à garantir une expérience de conduite plus approfondie avant l’examen.

À Bruxelles, le stage de 9 mois en filière libre pure peut être réduit à 3 mois si le candidat suit minimum 14h de conduite dans une auto-école agréée (filière mixte). Cette flexibilité encourage la formation mixte.

Le stage commence à la date de délivrance du permis provisoire par la commune, pas à la date de réussite de l’examen théorique.

Techniques pédagogiques recommandées

Le guide efficace adopte des méthodes pédagogiques structurées pour optimiser l’apprentissage :

Débriefing systématique après chaque trajet : analyser les points positifs, identifier 1-2 axes d’amélioration prioritaires, éviter la critique globale démotivante

Anticipation verbale : verbaliser les dangers potentiels avant qu’ils ne surviennent (« Attention, ce piéton pourrait traverser »), développer la perception des risques

Démonstration active : sur les points complexes (créneau, insertion autoroute), le guide peut reprendre le volant pour montrer la technique, puis laisser l’apprenti reproduire

Feedback immédiat et constructif : corriger instantanément les erreurs (« Freine maintenant, le feu passe à l’orange ») plutôt que d’attendre la fin du trajet

Fixation d’objectifs concrets : définir un objectif par sortie (« Aujourd’hui, on travaille les ronds-points à plusieurs voies ») pour structurer la progression

Erreurs pédagogiques fréquentes à éviter

Certaines pratiques nuisent à l’apprentissage et doivent être évitées :

  • Interventions tardives : attendre que la situation devienne critique avant de corriger
  • Critiques excessives : pointer chaque petite erreur sans valoriser les réussites
  • Absence de préparation : partir sans itinéraire défini ni objectif pédagogique
  • Comparaisons démotivantes : « À ton âge, je conduisais déjà bien mieux »
  • Prise de contrôle systématique : saisir le volant à la moindre hésitation, empêchant l’autonomie
  • Exposition prématurée : emmener l’apprenti sur autoroute dès la première semaine

Le guide doit trouver l’équilibre entre sécurité (intervention nécessaire) et autonomie (laisser l’apprenti gérer les situations maîtrisables).

Restrictions et règles de circulation du permis provisoire

Le permis provisoire impose des restrictions strictes que le guide doit connaître et faire respecter. Ces limitations visent à réduire les risques pendant la phase d’apprentissage.

Un apprenti conducteur et son guide respectent les limitations de vitesse spécifiques au permis provisoire.
Le guide veille au respect strict des restrictions de circulation.

Interdiction de conduite nocturne et jours spécifiques

Tous les permis provisoires (M36, M18 et M12) imposent une interdiction absolue de conduire entre 22h et 6h les vendredis, samedis, dimanches, ainsi que les jours fériés et leurs veilles.

Cette restriction s’applique même si le guide est présent. Elle vise à éviter les périodes de forte accidentalité impliquant les jeunes conducteurs (sorties nocturnes, fatigue, alcool).

Le non-respect de cette interdiction entraîne une amende, l’invalidation du stage et potentiellement le retrait du permis provisoire.

Le guide doit planifier les sorties en tenant compte de ces horaires. Un trajet démarré à 20h doit se terminer avant 22h si c’est un vendredi, samedi ou dimanche. En semaine (lundi-jeudi), la conduite est autorisée sans restriction horaire.

Limitations de vitesse : aucune réduction spécifique

Contrairement à une idée reçue fréquente, il n’existe AUCUNE limitation de vitesse réduite pour les titulaires de permis provisoires en Belgique. Les apprentis conducteurs respectent exactement les mêmes limitations que tous les autres conducteurs :

  • 120 km/h sur autoroute (toutes régions)
  • 90 km/h hors agglomération en Wallonie
  • 70 km/h hors agglomération en Flandre et à Bruxelles
  • 50 km/h en agglomération en Wallonie et Flandre
  • 30 km/h en agglomération à Bruxelles (depuis 2021)

Cette règle est confirmée par le SPF Mobilité et l’AR du 10 juillet 2006. Le système français de vitesses réduites pour le « permis probatoire » (110 au lieu de 130 sur autoroute) n’existe pas en Belgique et ne doit jamais être appliqué.

Le guide doit veiller au respect des limitations régionales, notamment la zone 30 généralisée à Bruxelles et le 70 km/h hors agglomération en Flandre.

Obligations concernant le véhicule et la signalisation

Le véhicule utilisé pour la conduite accompagnée doit respecter plusieurs obligations :

Signe « L » obligatoire : un panneau « L » (fond blanc, lettre rouge) doit être apposé à l’arrière du véhicule, visible et conforme aux dimensions réglementaires (15 cm minimum)

Second rétroviseur : le véhicule doit être équipé d’un deuxième rétroviseur intérieur réglable permettant au guide de surveiller la circulation de manière satisfaisante (obligatoire pour les permis M36 et M12, pas pour le M18)

Documents à bord : le guide doit avoir en permanence dans le véhicule :

  • Son permis de conduire B valide
  • Sa carte d’identité
  • Le permis provisoire de l’apprenti
  • L’attestation d’assurance du véhicule
  • Le certificat d’immatriculation
  • L’attestation de contrôle technique valide
  • L’attestation de rendez-vous pédagogique (Wallonie) ou begeleidersattest (Flandre)

L’absence d’un de ces documents lors d’un contrôle routier peut entraîner une amende et l’immobilisation du véhicule.

Règles spécifiques selon le modèle de permis provisoire

Les restrictions varient selon le type de permis provisoire :

Permis M36 et M12 : présence du guide obligatoire en permanence, aucun autre passager autorisé (sauf le second guide déclaré)

Permis M18 : le titulaire peut conduire seul après avoir obtenu son certificat d’aptitude (20 heures de formation en auto-école). Selon HelloSafe et le SPF Mobilité, il est strictement interdit de transporter des passagers avec un permis provisoire M18. Le titulaire peut uniquement conduire seul, sans aucun passager.

Cette différence fondamentale explique pourquoi le M18 offre plus d’autonomie : l’apprenti peut effectuer des trajets quotidiens seul (travail, études) sans guide, mais ne peut transporter personne.

Le guide doit connaître ces distinctions pour adapter son accompagnement selon le modèle de permis détenu par l’apprenti.

Préparation à l’examen pratique et fin du rôle de guide

Le rôle du guide culmine avec la préparation de l’apprenti à l’examen pratique. Cette phase finale nécessite une approche spécifique pour maximiser les chances de réussite.

Évaluation de la préparation de l’apprenti

Le guide doit évaluer objectivement si l’apprenti est prêt pour l’examen pratique. Les critères de préparation incluent :

Maîtrise technique : contrôle du véhicule dans toutes les situations (démarrage en côte, insertion autoroute, créneau, demi-tour)

Respect systématique du code : priorités, signalisation, distances de sécurité, limitations de vitesse

Perception des risques : anticipation des dangers (piétons, angles morts, comportements imprévisibles des autres usagers)

Autonomie de décision : capacité à naviguer sans instructions constantes, à prendre des décisions adaptées

Gestion du stress : maintien de la concentration même en situation de pression ou d’imprévu

Un apprenti prêt pour l’examen doit pouvoir effectuer un trajet de 30-40 minutes en zone urbaine et périurbaine avec un minimum d’interventions du guide. Si le guide doit intervenir fréquemment (plus de 3-4 fois par trajet de 30 minutes), l’apprenti n’est probablement pas prêt.

Simulation des conditions d’examen

Dans les semaines précédant l’examen, le guide doit organiser des simulations réalistes reproduisant les conditions de l’épreuve :

  • Trajets de 30-35 minutes sur des circuits variés (urbain, périurbain, autoroute si possible)
  • Exécution de manœuvres tirées au sort (créneau obligatoire + 1 manœuvre aléatoire en Wallonie/Bruxelles)
  • Conduite indépendante de 10 minutes minimum (le guide donne des directions générales, l’apprenti navigue seul)
  • Débriefing avec autoévaluation (comme le formulaire de l’examen réel)

Ces simulations permettent d’identifier les points faibles résiduels et de familiariser l’apprenti avec le format de l’examen.

Le guide peut adopter une posture d’examinateur (silence, prise de notes) pour reproduire le stress de l’épreuve.

Documents à fournir le jour de l’examen pratique

Le guide doit s’assurer que tous les documents requis sont rassemblés pour le jour de l’examen :

Documents du candidat :

  • Carte d’identité belge originale (photocopies refusées)
  • Permis provisoire en cours de validité (délivré depuis la durée minimale requise)
  • Attestation de réussite à l’examen théorique (moins de 3 ans)
  • Attestation de réussite au TPR (validité selon région)
  • Attestation de rendez-vous pédagogique datant de plus de 3 mois (Wallonie)
  • Certificat d’enseignement pratique 20h ou certificat d’aptitude TCTC (pour M18 en Wallonie)
  • Preuve de suivi des 6h obligatoires après 2 échecs (si applicable)

Documents du guide :

  • Carte d’identité originale
  • Permis de conduire B valide depuis 8 ans minimum

Documents du véhicule :

  • Certificat d’immatriculation
  • Attestation d’assurance RC valide
  • Certificat de contrôle technique valide
  • Signe « L » apposé
  • Second rétroviseur installé

L’absence d’un seul document entraîne l’annulation de l’examen, les frais restant dus. Le guide doit vérifier cette checklist la veille de l’examen.

Transition vers le permis définitif et fin du rôle

Après réussite de l’examen pratique, l’examinateur délivre un formulaire « Demande d’un permis de conduire ». Ce document ne permet pas de conduire. L’apprenti doit se rendre à sa commune pour obtenir le permis définitif.

Le rôle du guide prend officiellement fin à la délivrance du permis définitif.

Toutefois, le nouveau conducteur reste un « jeune conducteur » (titulaire depuis moins de deux ans du permis de conduire B, indépendamment de son âge) avec des sanctions renforcées en cas d’infraction.

Selon l’AWSR, les jeunes conducteurs font face à des risques accrus : le taux de mortalité et de blessures graves suite à un accident de la route est maximal pour la tranche d’âge 18-24 ans.

Le guide peut continuer à accompagner occasionnellement le jeune conducteur pour consolider son expérience, notamment sur autoroute ou dans des conditions difficiles (neige, pluie intense). Cette transition progressive réduit les risques durant la première année de conduite autonome.

Questions fréquentes

Pour être guide, tu dois remplir plusieurs conditions strictes. Tu dois être titulaire du permis B depuis minimum 8 ans, être inscrit en Belgique avec un document d’identité belge, et ne pas avoir été déchu du droit de conduire au cours des 3 dernières années. Maximum 2 guides peuvent être déclarés sur le permis provisoire. En Flandre, le guide doit obligatoirement suivre une formation de 3 heures (Vormingsmoment) au moins 5 mois avant l’examen pratique du candidat.

Le guide est l’artisan de ta formation pratique en filière libre. Il doit t’accompagner à l’avant du véhicule pendant toute la durée de conduite avec un permis provisoire M36, transmettre une parfaite connaissance du Code de la route et partager son expérience de conduite. En Wallonie, le candidat et le(s) guide(s) doivent tous suivre le rendez-vous pédagogique (formation de 3h, coût 12 €) minimum 3 mois avant l’examen pratique.

Le guide engage sa responsabilité pendant l’apprentissage. Il doit s’assurer que le candidat respecte toutes les restrictions du permis provisoire : interdiction de conduire entre 22h et 6h les vendredis, samedis, dimanches et jours fériés, présence du signe « L » à l’arrière, second rétroviseur obligatoire. Le guide doit aussi veiller à ce que le candidat parcourt minimum 1500 km et complète son journal de bord (road book) en Wallonie et à Bruxelles.

Les examinateurs belges sont recrutés par des centres privés agréés. Selon Métiers.be, en Belgique, les examinateurs du permis de conduire sont recrutés et rémunérés par les centres d’inspection automobile agréés : Autosécurité et AIBV en Wallonie, Autocontrôle et La Sécurité Automobile à Bruxelles. La rémunération varie selon l’employeur et l’expérience, et n’est généralement pas communiquée publiquement par les centres d’examen. Ils doivent avoir minimum 25 ans, un diplôme secondaire supérieur, le permis B depuis 3 ans minimum, et suivre une formation initiale régionale.

Depuis le 1er janvier 2026, l’obligation régionale est en vigueur. Tu dois passer ton examen théorique et ton examen pratique dans la même région (Wallonie, Bruxelles ou Flandre). Les tarifs ont été indexés pour 2026. Cette mesure vise à éviter les fraudes liées aux différences de règles entre régions. En Flandre, la durée minimale de stage est passée à 5 mois depuis le 1er mars 2024.

Non, un guide ne peut accompagner qu’un seul candidat à la fois. Sauf exception familiale : un guide peut être mentionné sur plusieurs permis provisoires s’il s’agit de ses enfants, petits-enfants, frères, sœurs, pupilles ou ceux de son partenaire légal. Dans tous les autres cas, le guide ne peut pas avoir été mentionné comme guide sur un autre permis provisoire pendant l’année précédant la délivrance du nouveau permis. Cette règle garantit un accompagnement de qualité.